Cet article n’a pas vocation à balancer une éventuelle tendance conso pour l’année prochaine mais se veut réellement et profondément optimiste.

Systèmes collaboratifs alternatifs

Il est une réaction indirecte à ce que j’ai pu lire ce matin au sujet de l’encadrement du crowdfunding en France : un article à la fois réaliste et alarmant. Cet “encadrement” ne touche pas que les projets collaboratifs de My Major Company ou Kiss Kiss Bank Bank. Il relève d’une inquiétude du gouvernement pour l’ensemble des démarches collaboratives, égalitaires et alternatives qui fonctionnent. Je pense notamment à AirBnB.

Certes le crowdfunding et la location chez l’habitant sont des alternatives aux systèmes classiques, pour rencontrer de nouvelles personnes, s’épanouir….

Derrière ce côté bobo, il y a aussi et surtout le besoin profond d’adhérer à un autre système, moins lourd, plus libre, plus simple, plus viable, plus efficace.

Je suis créateur d’entreprise et je suis confronté à ces deux sujets (entreprenariat et immobilier) : d’un point de vue bureaucratique et financier, monter une boîte est un véritable parcours du combattant en France. Et pendant que tout se met en place (et Dieu que c’est long dans notre pays), il faut continuer à payer son loyer et ses diverses charges.

Mon chômage ne me permet pas de vivre, au sens premier du terme : une fois que j’ai payé mon loyer, mon électricité et mes impôts, je suis déjà à découvert, sans même avoir acheté une baguette de pain.

Créer mon entreprise et vivre de ma passion sont ma seule motivation pour passer au delà de ces détails logistiques. Seulement, il faut quand même manger et payer le médecin de temps en temps.

J’ai donc dû mettre en place des moyens de financements parallèles pour continuer de vivre tout en montant mon entreprise (qui crée d’ailleurs déjà de la richesse) : je loue mon appartement quasiment tous les jours en AirBnB pour payer le loyer et je vends de la pub sur mon blog.

Aujourd’hui, depuis peu, je gagne plus avec AirBnB et mon blog qu’avec mon chômage. Cette situation est complètement ahurissante puisque pour payer mon loyer et autres factures, je dois sous-louer mon appartement quasiment tout le temps (et donc ne pas vivre dedans !) et être dans la limite de la légalité concernant les revenus du blog.

Je ne suis évidemment pas le seul dans cette situation. Nous sommes de plus en plus nombreux à découvrir les inepties du fonctionnement de notre société (je ne parle pas que du gouvernement en place ou même que de politique). Nous sommes de plus en plus nombreux à nous rendre compte que rien n’est simple et logique alors que ça pourrait l’être tellement plus.

C’est pourquoi des initiatives comme Kiss Kiss Bank Bank, AirBnB & co naissent et surtout, fonctionnent.

La démarche Geek & Food

Les initiatives citées précédemment sont à l’image des origines du web : logique, collaboratif, libre, humain.

A ce sujet, on me demande souvent pourquoi ce blog s’appelle Geek & Food. Les mecs qui se disent geek parce qu’ils aiment bien WOW, le Fantasy, Star Wars et des gadgets connectés s’insurgent contre ce nom en disant que ce blog n’a rien de geek. Et pourtant, à mes yeux, il l’est. Il transpire le geek et le web.

Il vit d’un système économique parallèle, il utilise tout le potentiel du partage d’informations et des réseaux sociaux (ce qui a permis de faire venir plus de 800 personnes à notre dernier événement) il met en avant des initiatives collaboratives, il défend des projets de crowdfunding. Voici l’essence du geek et du web à mes yeux : adhérer et participer à un système logique, collaboratif et humain. J’ai choisi de le faire avec l’univers de la cuisine, univers qui pour moi, détient les mêmes valeurs que celles du web.

Nous parlons également des marques que nous aimons et nous faisons la promotion de certains produits de grands groupes agro.

Mais pourquoi se le cacher ? Pourquoi n’est-il pas possible de dire qu’on aime le Nutella et promouvoir un projet de potager urbain collaboratif ?

Nous ne sommes ni un blog vendu des marques, ni un site militant uniquement pour une consommation alternative et responsable. Nous ne sommes ni des gourmets capitalistes ni des neo-hackers utopistes. Nous ne sommes pas non plus entre les deux. Nous sommes tout ça.

Comme tout le monde au fond.

Je suppose que les trolls qui commenteront cet article ne le feront pas depuis un ordinateur DIY à panneaux solaires qu’ils auront monté depuis un arbre en Patagonie. Ils le feront confortablement installés dans leur canapé Ikéa, dans un appartement qu’ils louent à une agence immobilière, avec un ordinateur made in sûrement pas en France.

Bref…

 

Quel rapport avec les légumes ?

L’opportunité d’être blogueur culinaire ne réside pas seulement dans le fait de recevoir des produits gratos et d’assister à des événements cools. Il permet aussi et surtout de découvrir des initiatives et des projets. Etre blogueur et recevoir des communiqués de presse & co, permet d’une certaine manière d’avoir une photographie de la société, en étant quotidiennement imprégné de ce qui se fait à la fois du côté des entreprises, des marques, du gouvernement et des initiatives individuelles. Si vous ajoutez à cela le fait d’être perpétuellement sur les réseaux sociaux et également en veille active sur un nombre exhaustif de supports, vous pouvez accéder à une sorte de connexion avec ce qui vous entoure. Vous pouvez percevoir de manière assez claire vers quoi les choses tendent, dans et à travers votre domaine (pour nous, la cuisine).

Alors, foodingue, écoute la prédiction de Madame Soleil, car elle sent que très bientôt, des choses très positives continueront d’éclore et de se multiplier.

Les démarches collaboratives et alternatives concernant l’agriculture urbaine et la consommation auront bientôt la part belle en France. Les potagers urbains se multiplieront, les esprits logiques se réveilleront et le légume en sera le média.

Tu ne me crois pas, foodingue ?

Regarde un peu ce qu’il se passe autour de toi.

Regarde le succès grimpant d’Incroyables Comestibles, cette volonté de produire de manière collaborative des légumes gratuits pour tous, qui se répand un peu plus chaque jour dans toute la France.

Béthune
Incroyables Comestibles

Regarde le succès de Disco Soupe sur Kiss Kiss Bank Bank, cet événement branché contre le gaspillage des légumes, qui se nationalise peu à peu, ou encore le projet Amoureusement Soupe.

discosoup
Disco Soup

Regarde toutes ces initiatives de potagers urbains qui naissent un peu partout dans nos régions, comme cette ferme associative en plein Coeur de Paris, cette société éco-citoyenne de création et livraison de mini-potagers, ou encore cette légumerie à Lyon.

Regarde ces gens, comme Michel et Rosa, Anne-Pierre et Bruno, et beaucoup d’autres, qui se lancent dans l’aventure de l’agriculture urbaine.

Le potager de Michel et Rosa
Le potager de Michel et Rosa

Regarde des initiatives culinaires et numériques comme Mon Potager ou La Ruche qui dit oui.

Regarde Plumes de Carotte, cet éditeur français qui lutte actuellement pour continuer de fabriquer des ouvrages culinaires digne de ce nom, imprimés et édités en France.

Plumes de Carotte
Plumes de Carotte

Si toi aussi tu sens que les choses peuvent bouger avec l’agriculture urbaine et les potagers urbains, voici deux super ressources : un guide de qualité très complet en pdf, et une liste de ressources d’info ultra exhaustive autour du sujet.

Bon appétit foodingue, in poireaux we trust !

12 Commentaires

  1. c’est clair que j’ai tout de suite tilté sur le titre Quentin, mais surprise c’est ce n’est pas que de la prédiction c’est une évolution profonde de la société et de la façon de voir les choses , d’une modification de notre consommation, nous sommes nombreux a nous poser toutes ces questions et heureusement! (sans tomber dans le trash tout de même). En revanche bémol concernant le crowfounding l’ayant personnellement vécu; si tu n’as pas un auditoire/réseau fidèle gigantesque en plus d’un »produit »attractif , tu te plantes.Allez, je t’attends toujours si tu le peux le 9 Novembre prochain sur la 3è édition d’Amoureusement soupe!

  2. Salut Quentin,
    Je suis moi aussi entrepreneur et amateur de blog à mes heures perdues.
    Je te rejoins totalement dans ta révolution des poireaux.
    J’ai envie de faire une entreprise responsable, du local, du bio et du bon. Et je me rends compte ô combien c’est compliqué en France. Le pôle emploi, la CCI, la règlementation, les syndicats professionnels… Personne n’avance dans le même sens. Hier, au lieu de me dire si j’avais le droit de fabriquer moi même mes pâtisseries « maison », une conseillère CCI m’a dit de prendre du surgelé, sans répondre à ma question. On marche sur la tête.

    Ce que tu dis aussi sur la volonté de certains intégristes est totalement vrai. Il n’y a pas les écolo et les autres, les geeks et les autres, etc. Je trouve que nombre de groupe sont excluant, tu n’y croises que des gens qui te ressemblent, alors que c’est tout le contraire qui devrait se passer.

    J’adore ce blog, le ton, les sujets, bref ne change rien, in poireaux we trust !

    • Tu ne peux pas savoir comme ce commentaire me fait chaud au coeur, merci.
      Pour ton projet, je te souhaite tout le courage nécessaire, mais comme tu le sais, tu n’es pas le seul, loin de là.

      N’hésite pas en tout cas à nous envoyer des infos quand il commencera à bien aboutir, nous en parlerons avec plaisir et peut-être à bientôt sur un de nos événements à Paris ou à Lyon ? 🙂

  3. un article qui dit tout haut ce que nous sommes de plus en plus nombreux à partager. Et un article écrit avec un réel talent d’écrivain 2.0.
    Et tout mon soutien à Geek & Food !

  4. J’adhère, à la virgule près… Merci Quentin pour ce bel article qui reflète une réflexion et des valeurs partagées par beaucoup d’entre nous, j’en suis sûre. A nous de faire bouger certaines choses à notre manière, et toutes ces initiatives vont dans le bons sens, celui de l’humain, de la convivialité.

  5. vous voulez le beurre et l’argent du beurre. habiter en ville et profiter d’un potager. ça fait très bobo tout ça, c’est-à-dire profiter des plaisirs de la ville, se montrer glaner dans les ruelles et les petites places, se sentir humaniste et écolo, se regarder pas mal le nombril, mais sans les mauvais côtés de la campagne trop rude, trop triste, et pas assez vivante où vous ne pourriez pas vous montrer.

    BiOBiO le bobo 2.0

  6. […] Et je parle bien d’une soupe ! Le 28 avril dernier a eu lieu le World Disco Soup Day, une initiative organisée par Slow Food Youth Network pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Et c’est de nombreuses villes à travers le monde qui ont participé à cette opération afin d’éveiller les consciences à ce sujet. Sur une ambiance musicale, les bénévoles ont récupéré et cuisiné les invendus alimentaire des grandes marques de distribution. Une initiative qui fait écho au mouvement français, Disco Soupe, qui nous fait nous trémousser un peu partout en France depuis 5 ans maintenant. […]

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