Demande de traçabilité et de transparence d’un côté, avènement de la blockchain de l’autre… Il y a fort à parier que la foodtech apporte sa pierre à l’édifice de la traçabilité alimentaire dans un futur très proche !

Qu’est-ce que la blockchain ?

Vous n’avez pas entendu parler de blockchain alors qu’on vous bassine les oreilles avec le bitcoin ? Vous savez, cette étrange monnaie virtuelle à laquelle on ne comprend pas grand-chose excepté le regard suspicieux des analystes et l’engouement incompréhensible de la geekosphère… Et bien ça ne fait que commencer et il va falloir vous y mettre.

La première chose à retenir c’est que le bitcoin n’est qu’une des innombrables applications de la Blockchain et c’est bien cette nouvelle technologie qui est porteuse d’enjeux et d’une nouvelle façon de concevoir les échanges. C’est donc à la Blockchain que nous allons nous intéresser dans cet article.

La Blockchain est une nouvelle technologie qui permet de sécuriser le stockage et la transmission d’informations non pas grâce à un super agent de sécurité mais grâce aux utilisateurs eux-mêmes, le principe étant que plus le groupe est grand, plus le système est sécurisé.

Toutes les informations apportées par les utilisateurs sont inscrites sur un immense registre distribué (distributed ledger). Ce registre n’est pas conservé dans un serveur sécurisé situé dans un lieu stratégique tenu secret comme c’est le cas pour toutes les données que nous confions à Facebook ou à google, non, ce registre est enregistré… chez vous. Tous les utilisateurs possèdent une partie d’une copie conforme du registre qui est modifié au fur et à mesure des nouvelles informations. Il n’existe donc pas un seul registre mais des éléments répartis chez tous utilisateurs à la fois et qui constituent le registre, c’est pour ça qu’on parle de registre distribué.

Ce registre n’est pas falsifiable, chaque modification apportée sur le registre doit être validée par des utilisateurs qu’on appelle les mineurs (explications par ici) pour attester de sa conformité, par une opération qu’on appelle le « proof of work ». Si une copie venait à se révéler différente des autres, l’opération effectuée ne serait pas validée. Un utilisateur seul ne peut donc pas décider de modifier les règles ou les informations après qu’elles aient été enregistrées. Cette technologie garantie donc une sécurité encore jamais atteinte dans le partage et l’enregistrement d’informations.

La blockchain au service de la traçabilité alimentaire

Dans le secteur alimentaire, un des principaux besoins en transmission fiable de donnée concerne la traçabilité. Après des années de vache folle, de cheval dans les lasagnes, de Fipronil dans les œufs et de salmonelle dans les laits infantiles, la promesse de sécuriser les circuits d’approvisionnement suscite le plus grand intérêt des acteurs du secteur. Voilà quelques projets déjà en chantier…

IBM, parmi les pionniers industriels

L’un des premiers acteurs à se lancer dans la traçabilité par la blockchain n’est autre qu’IBM. Le doyen de l’informatique s’est associé à Walmart et à JD.com, (pure player chinois de la distribution) pour créer une blockchain dédiée à la traçabilité alimentaire. Leur volonté est de pouvoir proposer un circuit de distribution sécurisé pour la nourriture à très grande échelle. Unilever et Nestlé ont également manifesté leur intérêt pour ce projet.

L’histoire de ton poulet, tu connaitras

Enfin, avec Blockbirds, on nous promet un suivi de la traçabilité jusqu’au consommateur dans les supermarchés américains. En scannant simplement un produit avec son smartphone, on pourra obtenir en temps réel des informations sur l’origine, l’histoire et et le chemin parcouru par les produits qu’on choisit.

Des bracelets pour les poulets

En Chine, en ce moment même, 100 000 poulets issus de l’agriculture biologique sont équipés de bracelets anklets reliés à internet qui tracent leur parcours grâce à la blockchain pour assurer une traçabilité sans faille jusqu’au consommateur. Une révolution pour le marché chinois que ZhongAN, pure player des assurances chinoises qui porte le projet, compte développer pour atteindre les 23 millions de poulets équipés de son système d’ici 3 ans.

La blockchain pourrait se révéler être un atout majeur dans la capacité des consommateurs à maîtriser leur façon de s’alimenter dans les prochaines années. D’ici-là, vous pouvez toujours vous rendre dans un de ces restaurants français qui acceptent les règlements en bitcoin !

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