Ville nourricière futuriste

Dans une société en quête de plus de sens et de consommation responsable, les acteurs de la foodtech cherchent à redynamiser nos centres-villes. De nombreuses initiatives d’agriculture urbaine émergent, laissant ainsi l’espoir d’une ville nourricière.

Aujourd’hui la data est partout. La France dispose d’un large panel de start-ups innovantes, notamment dans le secteur de la foodtech. La fusion de la technologie et de l’agriculture permet de faire face au défi alimentaire et de parvenir idéalement à l’autosuffisance. Il y a 3 ans déjà, nous nous interrogions sur l’avenir de l’agriculture urbaine en France. Aujourd’hui, c’est au tour de la ville nourricière d’être au coeur de nos questions : est-elle une cité utopique ?

La démocratisation des fermes urbaines

On vous en parlait déjà il y a quelques temps, de nombreux projets d’agriculture urbaine sont sortis de terre. Les jardins potagers se multiplient dans nos villes pour répondre à l’envie croissante d’un retour à la nature. Les Français ont un besoin de campagne en ville. Ces initiatives permettent également de lutter contre l’individualisme présent dans les métropoles, grâce au partage et à la cohésion qu’elles engendrent. Les gens ne se sentent alors plus simples consommateurs mais également acteurs.

Vous avez peut être déjà aperçu sur le trottoir, en vous rendant au bureau, un potager avec la mention « Nourriture à partager » ? Alors servez vous ! Ce projet, à l’initiative des Incroyables Comestibles, est un mouvement participatif citoyen de bien commun. Leur but ? « Reconnecter les gens entre eux et les reconnecter à la terre nourricière ».  L’objectif est de promouvoir l’agriculture urbaine participative en invitant les citoyens à planter partout là où c’est possible et à mettre les récoltes en partage.

Les fraises cultivées dans des conteneurs, ça vous parle ? C’est le défi que s’est lancé Agricool. Cette start-up implantée à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) cherche à révolutionner l’agriculture en cultivant des fraises dans des conteneurs recyclés. Pourquoi pas ! Les deux fondateurs veulent produire dans des villes des fruits et légumes qui ont du goût. Grâce à un système connecté et automatisé, ces serres high-tech réduisent de plus de 3/4 la consommation d’eau par rapport à l’agriculture traditionnelle. Mais ça ne s’arrête pas là ! Les deux fondateurs ont pensé à tout, puisque des bourdons assurent la pollinisation des fleurs. Au final, les rendements au m² sont 120 fois supérieurs à ceux d’une culture en pleine terre ! De plus, aucun produit phytosanitaire n’est utilisé et leurs fraises sont vendues moins cher que le bio. Evidemment, c’est tentant !

Fraises Agricool dans un cooltrainer

Cooltrainers – © Agricool

Vers une ville nourricière ?

Se nourrir uniquement de produits locaux, c’est le défi que s’est donné la ville de Roubaix, pionnière dans ce domaine. Aujourd’hui, la métropole a pour objectif de produire 730 tonnes de fruits et de légumes par an sur 23 hectares. Ce rendement permettrait de nourrir 10% de la population, 1ère étape vers l’autosuffisance alimentaire. Aussi, la ville possède déjà 350 potagers familiaux, ce qui encourage la démarche et le progrès.

Aujourd’hui on décèle un réel engouement pour le locavorisme. Ce mouvement prône la consommation de nourriture produite dans un rayon restreint autour de son domicile. On comprend alors l’intérêt grandissant des villes de développer ses recherches sur l’autosuffisance. La ville d’Albi dans le Tarn se penche elle aussi sur ce mode de production. La commune prévoit d’atteindre l’autosuffisance alimentaire en 2020 en s’approvisionnant dans un rayon de 60km. Pour cela, le maire prévoit de construire des réseaux de proximité, des jardins partagés, ainsi que des maraîchers en ville.

Ville nourricière toits

© Inno Shakers 

Une solution vraiment durable ?

Pas forcément selon Demain La Ville. La ville comestible n’est qu’une solution partielle. Nos villes sont engorgées de bitume et d’immeubles avec lesquels il faut penser vert. Alors pour implanter des surfaces cultivables, deux méthodes s’offrent à nous. Cultiver sur les toits, comme le propose Eagle Street Rooftop Farm à Brooklyn, qui peut servir aussi bien à la production de laitues que de lieu de tournage de films. Du côté de Lyon, on pensera également à la Marmite Urbaine, qui propose de végétaliser les toits et autres espaces urbains des entreprises et des collectivités.

La deuxième solution est d’étendre les villes mais par conséquence, de réduire la surface de terre arable. Peut-on vraiment considérer comme durable un modèle qui supprime le peu de terres cultivables autour de nos villes ? N’oublions pas non plus que ces fruits et légumes poussent en centre-ville. Personnellement, je suis perplexe. Consommer un fruit cultivé entre deux rejets de diesel ne m’enchante pas plus que ça.

En revanche, consommer des produits issus de circuits courts est selon moi une solution beaucoup plus durable et profitable aux plus petits producteurs. Et pour les locavores, voilà quelques adresses lyonnaises de circuits de proximité.

Photo de couverture – Courthouse News Service

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