Potager City est une plateforme de livraison régionale de paniers de fruits et légumes extra frais. C’est également la preuve que les alternatives peuvent fonctionner, à quelques conditions. Retour sur une success story bourrée d’espoir et d’optimisme.

Le concept de Potager City

Vous commandez chaque jeudi pour la semaine suivante (sans engagement) votre panier. Plusieurs paniers thématiques sont proposés, selon la saison et les arrivages (par exemple en ce moment à Lyon : framboise box, mélange du jardin, légumes du potager…). Les fruits et légumes sont extra-frais et passent du champ à l’assiette en moins de 48h. Aucun stock n’est géré chez Potager City et c’est la commande qui crée l’approvisionnement.

Plus de 300 producteurs et coopératives partenaires sont répartis en France et c’est votre lieu de livraison qui déterminera les producteurs sélectionnés, afin d’assurer une proximité optimale.

Les produits livrés étant issus d’une agriculture naturelle et respectueuse de l’environnement, le message d’information sur le site est sans équivoque : « comme nos producteurs s’engagent dans une logique de respect de l’environnement, le moindre élément climatique peut mettre en péril le travail de toute une année. Les contenus de vos paniers sont donc tributaires de la météo. De plus, que ce soit à cause du mode de production ou des variétés choisies, l’uniformité des fruits et légumes n’est pas garantie. Leurs petites imperfections sont pourtant le gage de leur authenticité, et elles ne les empêchent pas d’être savoureux ! Effectivement, nous privilégions un produit délicieux et avec quelques petits défauts à un produit beau mais fade. »

Nous avons testé la semaine dernière Potager City et nous avons sommes allés chercher notre panier chez notre caviste. Verdict ? Non seulement les fruits et légumes étaient délicieux (parfaitement mûrs, frais et goûteux) mais en plus ils étaient loin d’être vilains !

potager

Côté cuisine, un des gros plus de ce type de panier est selon moi, qu’il permet de (re)découvrir certains légumes qu’on aurait pas forcément l’habitude d’acheter frais. Il y avait par exemple des petits pois dans le panier. Pour être très honnête avec vous, je n’ai jamais pris l’initiative d’acheter des petits pois frais. Ce qui est stupide car c’est tellement meilleur que des surgelés ou des conserves. Après quelques minutes d’hésitation, je chope une recette simple mais efficace chez Papilles et Pupilles de petits pois à la française et c’est parti. Je les ai accompagné de saucisses et de petites carottes également présentes dans le panier. Pour les carottes, j’ai choisi de les cuisiner façon crumble au four, au miel et au garam massala, une tuerie ! Maintenant, je n’hésiterai plus avant d’acheter mes petits pois version frais.

AMAP 2.0 et autres initiatives culinaires : de l’importance de la volonté personnelle, du web et du marketing

Nous avons été nombreux à penser que les AMAP allaient vraiment changer la donne, nombreux à imaginer que l’utopie d’une consommation croissante et globale de bon sens n’était plus très loin. Bien que le mouvement des AMAP ait été révélateur de ce besoin, et qu’il ait insufflé un vent d’espoir et d’ initiatives entrepreunariales, on ne peut pas dire que ces associations aient bénéficié d’ un succès ultra retentissant.

Je n’ai pas d’études sous la main mais mon bon sens et mes rencontres me font dire que les clients des AMAP restent hyper minoritaires, et sont soit des 30/45 ans des quartiers bobo ou hipsters soit des personnes proches de l’agriculture, en périphérie, déjà sensibilisées à l’importance de la dimension locale et environnementale de leur consommation. Ce qui donne en gros, dans tout mon entourage : mes parents qui chopent des légumes 1 fois tous les 3 mois dans un distributeur d’un voisin agriculteur à Rillieux et 2 copains « roots » qui se fournissent dans des assos dans les pentes de la Croix-Rousse.

A mon avis, les AMAP ont souffert d’un manque d’accompagnement accru côté marketing. Elles n’ont pas su utiliser le potentiel du web (et à présent des réseaux sociaux) et n’ont pas été assez agressives en communication. Le manque de moyen est évidemment à prendre en compte mais il ne fait pas tout. Et c’est là que Potager City intervient.

Cette initiative est en effet la preuve que le bon sens ne suffit pas pour percer, émerger et résister dans le domaine de la consommation alternative. Il est aujourd’hui absolument indispensable d’y ajouter du marketing, du web et surtout : de s’accrocher !

Yoann et Damien Alarçon, les deux frères créateurs du concept ont créé Potager City en 2007. En 2009, ils font des journées de 3h du matin à 22h, sont multi fonctions (préparateur de commande, informaticien, graphiste, livreur, comptable…) et sont débordés par les commande. Ce n’est pourtant que 3 ans après la création de la société, qu’ils se fourniront leur premier salaire de… 100 euros !

Côté marketing et digital, les deux frères l’ont bien compris : il est indispensable d’avoir un nom évocateur, un joli logo, un site attractif et bien pensé sur lequel il est possible de commander, une page Facebook pour fidéliser et montrer les actualités, une vidéo ludique pour expliquer le concept…

Aujourd’hui, 6 ans après la création, c’est 30 salariés en France, 500 000 paniers et 20 000 clients qui leur font confiance. Une success story porteuse d’espoir pour l’avenir de la consommation alternative mais également pour tous les créateurs d’initiatives culinaires et agricoles !

3 Commentaires

  1. Bonjour! Je trouve le concept très original, ceci dit il faut une maitrise de la chaine du froid bien que le temps de stockage soit assez relativement faible (on est bien loin de la réalité des restaurateurs)! Une success story à la Yoann et Damien de ce genre, on veut voir cela plus souvent car coté gastronomie, les consommateurs sont prêts à tout essayer pour émerveiller leurs papilles.

  2. Je recommande Potager City que je viens de découvrir. C’est un bon concept qui rime simplicité avec qualité. Pour vous lancer vous pouvez utiliser un code parrain : KALHT-PRGP-GRNXF

Laisser un commentaire